Cette part de rêve que chacun porte en soi

Voici le thème de l’épreuve de français/culture générale en sections de B.T.S. à travailler durant les années scolaires 2013/2014 et 2014/2015.

Il s’agit bien évidemment ici des rêves que l’on fait lorsque l’on est éveillé. Ces rêves sont profondément personnels et intimes. Le rêve de l’un n’est pas forcément le rêve de l’autre et par conséquent, la personnalité, le caractère, les désirs, les valeurs de chacun  s’expriment à travers ces rêves.  Ce qu’ils ont de commun est de revêtir  un caractère forcément positif pour le rêveur. Le rêve est dans ce sens le contraire du cauchemar.

Tous les rêves n’ont pas pour vocation à être réalisés. Certains sont des objectifs à atteindre alors que la fonction de certains autres est de rester à l’état de pensées lumineuses (et parfois délirantes) éclairant un quotidien morose.

Dans l’étude de ce thème, il faudra étudier les différentes dimensions que peuvent prendre ces rêves. En voici quelques exemples :

- Le rêve peut être un projet personnel d’une chose que l’on désire et que l’on pourra peut-être atteindre si l’on agit pour cela, si l’on y  travaille. Marion Bartoli qui a gagné Wimbledon témoigne de cette forme de rêve : « j’avais tellement rêvé ce moment » dit-elle aux journalistes.  Les sportifs, mais aussi les chefs d’entreprises commerciales, scientifiques ou même militaires poursuivent souvent un rêve qu’ils essayent de réaliser. Il y a le rêve des jeunes diplômés qui espèrent fuir le chômage en s’expatriant.

Cette forme de rêve peut toutefois être contre productive. En effet l’imagination lorsqu’elle prend une place excessive peut faire perdre le sens de la réalité ; dans la fable de La Fontaine, La Laitière et le pot au lait, Perrette entraînée par l’enthousiasme de ses projets, oublie toute prudence et échoue. De nombreux adages expriment cette perte de contrôle : « construire des châteaux en Espagne »   »prendre ses désirs pour des réalités »…  Il n’en demeure pas moins que, convenablement maîtrisé, le rêve est une des bases maîtresses dans le désir d’entreprendre et de s’engager. Même en amour, le rêve du grand amour peut conduire au mariage, et certains  couples durent.

- Le rêve peut également avoir une dimension utopique et servir de soubassement à un projet politique. La démocratie, l’égalité, la liberté ont d’abord été des rêves avant de devenir des réalités. Lorsque l’on parle du « rêve américain« , on fait référence à cette force du rêve qui donne l’énergie nécessaire pour partir vers un monde meilleur, où tout est possible. Il y a le rêve des habitants des pays les plus démunis, qui partent vers l’Europe ou l’Amérique. Et tous  les migrants, quelle que soit leur destination finale, ont, chevillé à leur courage, le rêve d’une vie nouvelle  qui s’offrira à eux. « I have a dream« , le discours le plus célèbre de Martin Luther King donne au rêve une place prépondérante dans le désir qu’ont les hommes de bâtir un Etat juste,  respectueux des droits de chacun. C’est le  rêve, quand il est grand et noble, qui peut avoir la force d’entraîner une population à dépasser les désagréments du changement pour atteindre un idéal. Il est par conséquent souvent à l’origine des soulèvements révolutionnaires.

- Le rêve est aussi un moment de liberté. C’est un temps de pause pour réfléchir sur soi-même et sur le monde, et il est ainsi propice à une démarche philosophique. Le titre de l’ouvrage de Rousseau : Les Rêveries du promeneur solitaire lie la  liberté de l’esprit (la rêverie) avec la liberté du mouvement du corps (le promeneur). Délivré de toute entrave logique, morale, matérielle, temporelle, sociale,  le promeneur qui rêve peut exercer la faculté la plus noble de l’humanité qui est de penser sans contrainte. C’est le moment par excellence où l’on peut remettre  les choses en question car on les voit autrement.

- Le rêve peut aussi être un échappatoire à une vie terne, il entraîne le rêveur dans une vie parallèle et le déconnecte de la réalité. Ce moment est l’ultime espace de liberté que réussissent à se préserver les hommes abîmés par le cadre d’une vie morose et laide. Rêve d’exotisme dans les œuvres de Baudelaire,  Rêve d’amour, que l’on peut trouver dans le poème de Verlaine Mon Rêve familier. Plus prosaïquement le rêve de richesse due au hasard fait les beaux jours de la société française des jeux. Dans un autre domaine, certaines destinations touristiques jouent sur le rêve et développent une politique marketing en ce sens.   Cette forme de rêve peut lorsqu’elle prend une place prépondérante conduire  l’homme à rêver sa vie plutôt qu’à la vivre, telle Madame Bovary de Flaubert.  Baudelaire quant à lui  met en garde contre les « Paradis artificiels » que l’on peut rechercher dans les drogues lorsque les rêves que procurent ces substances paraissent  lors des premières expériences enthousiasmants. Le théâtre de Brecht invite les spectateurs à prendre conscience du rêve stérilisant que la société capitaliste propose comme échappatoire. Le réalisme permet selon lui de se protéger du mirage que la société  tend pour anéantir la conscience et la liberté du peuple.

On le voit, cette part de rêve que chacun porte en soi est une source infinie d’exploration. Les exemples proposés ici sont classiques. A vous d’être attentif aux  productions contemporaines – films, chansons, émissions de télévisions…- qui vous permettront de développer une réflexion personnelle sur ce thème et prouver aux examinateurs votre curiosité et votre capacité d’analyse.


 

ecole commerce Strasbourg

 

 

 

 

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